Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
4 Octobre 2021
Automne, nous ne sommes heureusement plus reconfinés mais nous aspirons toutefois à des moments de pause, comme une rando en forêt ou à la mer pour s’éloigner du brouhaha du monde, pour écouter les vagues qui se brisent sur la jetée ou le crissement des feuilles qui meurent au sol. Pour notre bien-être, il faut donc savoir se mettre régulièrement en disponibilité pour accueillir la joie qui nait du silence…
Mais le silence est tout sauf l’absence de bruit. Le silence n’est pas recueillement tranquille, il fait peur, comme l’enfant a peur de la nuit qui l’amène à faire face à sa solitude, son premier combat pour construire sa citadelle intérieure. Ainsi, en déployant seul ses ressources pour faire face, il fait taire son mental et laisse jaillir son énergie vitale. Le silence oblige donc à sortir de l’immuabilité, à se construire non sans souffrance, mais pas à pas dans l’action, dans le détachement, accepter de perdre des feuilles mais s'enraciner davantage pour ne pas perdre ses valeurs.
L’automne est ma période préférée, elle est propice au développement de nos projets, sans grand bruit… Comme le serpent qui figure sur le caducée des soignants, symbole de remède à notre nature imparfaite, il est nécessaire de se lover, s’enrouler sur soi pour faire sa mue, avant de se redéployer, reprendre sa vie, neuf d’une nouvelle peau, plus forte, mais plus souple, plus poreuse aussi pour mieux ressentir le monde.
C’est alors qu’il sera temps d’oser sortir du silence imposé par le temps de la métamorphose et, avec un bruit mesuré, s’activer prudemment et joyeusement en pleine lumière.
Pour aller plus loin : https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/chut-une-histoire-du-silence