Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
5 Janvier 2016
Lorsqu’un évènement douloureux apparait dans la vie, différentes étapes sont traversées allant du chagrin, de la culpabilité, en passant par la colère et son cortège de ruminations mentales (« et si j’avais fait ça », « et si ça s’était passé comme cela »). Aucune phase n’est assurée de ne pas être vécue à nouveau, du moins pas tant que les affects douloureux n’auront pas été élaborés.
Avant d’accepter d’avoir perdu un peu de soi, un peu de ce qui était cher, avant de pouvoir évoquer ce moment de la vie sans s’effondrer, avec un regard plus tendre sur le passé, il faudra se résigner, ce qui ne revient pas à minimiser l’importance des évènements car ils ont bel et bien eu lieu avec leur degré de souffrance. Puis vient la période de reconstruction, le renouveau diront certains, avec la confiance retrouvée en ses ressources personnelles, et l’envie de redéployer ses ailes.
La répression, défense adaptive (Cf. Vaillant), qui permet de d’éviter de penser à la source de ses souffrances n’est pas toujours efficace. On peut conseiller parfois (voir avec votre thérapeute qui connait votre situation) de ne pas endiguer les sentiments car ils peuvent alors faire après-coup l’effet cocotte-minute !
Le travail psychothérapique consiste à accompagner la personne endeuillée, vulnérable, à l'aider à le resituer dans son histoire. Mais ce n’est pas tout, il faut reprendre sa vie en main.
Vient alors ce moment redouté… Il faut que je lâche prise. La peur du lacher-prise a de multiples origines (stress post-trautmatique, angoisse d'abandon, sentiment de responsabilité vis-à-vis d'autrui, dévalorisation de soi et des autres qui composent le tableau dépressif, voire dans certains cas un sentiment de contrôle omnipotent, ou un délire de préjudice mais dans ces deux derniers exemples le sujet n'a pas conscience du caractère déraisonnable de sa pensée et ne vient pas consulter). En tout cas, bien souvent, lâcher prise semble impossible tant que la colère, ou l'amertume est chargée symboliquement, et plus ou moins consciemment, de retenir désespéremment ce qui est pourtant advenu.
La prise de conscience qu'il "faut que ça cesse" est l'étape finale de tout un processus psychique de deuil, d'un cheminement personnel, d'un détachement de certains préjugés et jugement de valeurs. Ce peut être l'arrêt d'une vision du temps non duelle, au profit d'un attachement à l'ici et maintenant et d'une vision de l'avenir ni en mieux, ni en pire, mais "autrement", avec sa part de mystère qu'il est bon de savoir accueillir (=serendipité).
Pour être dans le présent, il faut sentir son corps et être en lien avec le monde, alors certains se mettront au sport (activisme), d’autres se lanceront dans des activités associatives (altruisme), culturelles (sublimation), etc… Peu importe le moyen, l’essentiel est de ne plus se concentrer sur la blessure qui a besoin de cicatriser sans qu’on vienne la chatouiller régulièrement.
Ici nous évoquerons particulièrement les mandalas comme outil pour lâcher prise. Encore faut-il en être convaincu. J'entends d'ici les « bah, ça sert à rien, c’est juste un effet de mode… » ou « à quoi bon, j’ai tout essayé », contentez-vous de suivre cette étape même si vous n’éprouvez pas d’entrain, la joie de vivre reviendra au fur et à mesure. Mais avant il faut en passer par un travail de gestion de vos émotions.
Alors, les mandalas… pour quoi ça aide ?
Parce que ça occupe, ça distrait, parce que c’est joli, et qu’on aime montrer à son entourage les plus beaux, ceux dont on aura mis beaucoup de soin, dont les couleurs auront été harmonieusement posées ici et là… mais aussi et surtout parce que cela apaise l’esprit, allège le cœur, et détend le corps.
Tout le monde n’est pas doué pour la peinture ou le dessin. En réalité si… comme l’expliquent Royer, Luquet ou Widlöcher (cf. les stades du dessin chez l’enfant) : c'est l’adolescence, ou âge dit « critique » vers 12 ans, amène la plupart à abandonner cette forme d’expression par manque de technique pour représenter une idée, et par souci de la représenter de la « bonne » manière. Seuls certains persévèreront et cultiveront leur fibre artistique.
Or il n’y a pas de « bon » dessin, l’art étant subjectif, il vient nous toucher, susciter des émotions, allant de « beurk » à « ouah j’adore », en passant par « c’est joli ce camaïeu de bleu », ou encore « voilà une surprenante combinaison de teintes ».
Pour les moins téméraires, la forme sera définie par avance (achat d’un cahier ou impression de mandalas que vous trouverez à foison sur le net), pour les plus hardis, esquissez-le vous-même à l’aide d’un compas ou à main levé. La forme concentrique, géométrique et répétitive favorise le recentrage, la connaissance de soi, l’apaisement intérieur.
Pour ce qui est de la couleur, choisissez votre pochette avec diverses nuances. Osez le rouge sanguin quand vous êtes en colère, le bleu de Chine si vous rêvez de voyage, du rose lavande pour ses vertus apaisantes, etc.
Jouez avec les couleurs, et vous verrez vos soucis autrement… En effet, des études ont montré que notre mental s’adapte davantage à la difficulté lorsqu’il est entrainé à « jouer avec les nuances » car il est alors capable de distinguer plus de détails… Mais pour jouer, prendre du plaisir, il faut se dégager de l’obsession de rentabilité, principale source de stress de notre époque moderne.
Il est en effet aisé de comprendre que plus vous êtes stressé, fatigué ou anxieux, et plus vous avez tendance à vouloir résoudre au plus vite un problème d’une manière tranchée : blanc ou noir… A l’inverse, si vous ne faites rien, ce sont les ruminations mentales qui vous guettent… et avec elles les moyens inadéquats d’en sortir comme le repli sur soi, la consommation excessive d’alcool, etc. qui engendre l’évitement et/ou l'acting out... Si l'hyperactivité n'est que le moyen de reporter un peu plus longtemps le lâcher prise... à l'inverse, la procrastination ne permet pas d’avancer, elle freine nos réalisations et diminue l’estime de soi (=spirale infernale). Or, nous avons besoin de faire pour nous sentir être, et vis-et-versa (=cercle vertueux). Et puis de toute façon, la réalité doit être affrontée, depuis l'intendance de la maison, les factures à payer aux inévitables responsabilités envers soi-même et les autres (santé, esthétisme, continuer à apprendre, se distraire, faire partie intégrante d'un groupe, être apprécié, aimer, etc.)
Alors à vos feutres ! Ou à votre palette virtuelle sur vos tablettes, voire à vos peintures ! En effet, mettre de la couleur sur les murs de sa maison aboutit au même résultat, à savoir mettre du beau autour de soi, et sublimer ses sentiments ! Dessinez vos émotions… et votre vie ne sera plus amère, elle sera au contraire plus colorée, apaisée et inspirante…