Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
7 Juin 2017
La fin d’année scolaire approche et avec elle les au-revoir s’enchainent et rythment mes journées… Fins de bilans, avec les rédactions de compte-rendu à rendre, mais aussi fins de suivi, de soutien, d’accompagnement psychothérapeutique, de recherche de stratégies d’adaptation, de communication plus adéquate de l’enfant, avec l’enfant, mais aussi fins d’accompagnement des parents dans leurs questionnements… Le psy réfléchit sur la mesure de son engagement, et sa capacité à s'ajuster à la demande, à penser le cadre, l'espace thérapeutique.
Parfois, le dénouement est conflictuel, les résistances de la famille à voir changer son enfant ou la frustration liée au sentiment d’impasse, bien que temporaire, entrainent une rupture, l’émotion est trop forte, la violence de la séparation est quelque fois énoncée par l’enfant dépressif, qui renvoie douloureusement son parent à ses manques, il permet alors de travailler autour de l’absence symbolique du psy qui part en vacances, et de survivre à des angoisses d’abandon, puiser en soi des ressources pour faire face autrement.
Parfois, il y a rejet du parent car c’est pour lui difficile d’abandonner, de lâcher prise à trouver vite vite une issue avant les vacances. Parfois, c’est pour ce parent l’occasion d’éviter de persévérer à saisir ce qui fait nœud en soi dans sa relation avec son enfant. Mais ce parent pourra alors poursuivre sa plainte ailleurs...
Bref, le psy doit alors « tricoter un au revoir en soi » devant ces fins qui sont en fait le début de quelque chose que nous avons contribué à construire mais qui nous échappe… Temps d’élaboration nécessaire pour accepter humblement le sentiment d’un travail inachevé.
Et puis il y a toutes ces fins de suivi qui permettent un « temps précieux de bouclage »… L’enfant va mieux, va bien, les parents sont sereins, les familles poursuivent leur chemin confiants. On se souhaite un bel été, on se remercie pour ce bout de chemin parcouru ensemble. Le temps du « au revoir » ouvre d’autres perspectives, on se dit qu’une demande émergera peut-être à la rentrée, qui sait ? Tout est possible… surtout le meilleur qui sera accueilli, saisi dans l’instant, comme cette belle image que m’a offerte Paul ce matin alors qu’il attendait avec sa maman et son petit frère dans l’allée, prenant le temps de s’émerveiller de cette famille d’escargots en balade après la pluie.
Pour aller plus loin : http://www.cairn.info/revue-gestalt-2003-2-page-55.htm