Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
24 Juin 2017
On dit que le psy est trop sérieux, qu’il manque d’humour. Pourtant les consultations sont parfois l’occasion d’aborder avec une note d’humour, certains sujets vraiment pas facile à aborder autrement. Et puis on dit aussi que les psys sont toujours en vacances, qu’ils profitent de la vie, eux (sous-entendu ils partent se dorer la pilule avec l’argent de leurs patients oh...). Oui, dans un sens, c’est vrai, les psys ont des loisirs qui leur permettent de s’aérer l’esprit et vivent aussi comme tout à chacun, des expériences personnelles, des évènements de vie douloureux, des activités maturatives, culturelles, ludiques, mais aussi franchement matérielles comme passer l’aspirateur parce que non, nous n’avons pas toujours le nez dans un bouquin (sic).
Il s’agit donc dans ce billet d’humeur d’évoquer avec humour les préjugés sur les psys (cf. les BD de Raoul Cauvin et Bédu), et avec un peu de sérieux ce qui concerne leur vécu, les coulisses du libéral, qu’on ne nous enseigne pas à la fac (cf. les icebergs schématiques sur le temps de travail du psy et celui du prix de la consultation).
Parce qu’en somme, l’humour… c’est cette façon d’être qui nous permet de nous adapter, de faire face au stress, de se mettre à distance des situations anxiogènes. C’est un moyen de faciliter les relations et le soutien social, de tisser du lien avec ses proches, une soupape pour libérer les tensions psychiques. L’humour, le rire qui va avec, sont protecteurs de notre système nerveux central mais auraient aussi des effets bénéfiques sur notre système neurovégétatif, hormonal, libidinal... Il a aussi un effet de protection contre l’adversité. Il peut-être nocif quand il éloigne de la réalité et masque les difficultés à résoudre. Il est toxique quand il tend à banaliser une situation pour mieux l’éviter, et signe parfois quand il est caustique, une agression camouflée, une manipulation car l’interlocuteur tourné à la dérision rit toujours jaune de cette critique, quand il n'est pas humilié insidieusement.
On comprendra donc que l’humour ne peut être le seul moyen d’aborder les aléas de la vie. Qu’il est nécessaire de pouvoir aborder les obstacles avec courage, persévérance. Parce que l’humour est une des manières de communiquer mais que l’on ne nous apprend pas à l’école qu’il existe toute une palette de façons de dire, d’entrer en relation avec l’autre avec des mots pesés, sans poser sa parole sur l’autre, ni à sa place, à respecter des temps de silence, d’écoute qui favorise l’expression authentique du ressenti. C’est ainsi que le sérieux des psys, tout comme leur sens de l’humour, sont bien commode en séance pour aider les personnes dans leur cheminement personnel.
Pour approfondir ce vaste sujet c’est ici :
https://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2007-2-page-39.htm