Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
31 Janvier 2016
Dans la rencontre avec l’autre, parent, ami, conjoint, collègue, etc..., même lorsque nous nous sentons des affinités, l’effet miroir ne tarde pas à se produire : « il m’énerve ! » allons-nous penser, jusqu’à clamer haut et fort parfois que c’est un vilain défaut dont l’autre en face devrait se défaire…
Nous parlons donc ici d’intolérance… sans jugement aucun ! Ne culpabilisons pas de ressentir des émotions négatives, ne projetons pas sur l’autre notre frustration de ne pas comprendre, notre colère, pour nous en défendre. Nous avons nos limites. Mais rien n’est plus obstiné qu’une personne en refus de l’autre, vu comme différent, donc étrange et rejeté en fait par la peur de l’inconnu, par orgueil. Cela peut-être un signe de manque de confiance en soi, de dépression (dévalorisation de soi et des autres), d'irritabilité (surmenage, burnout). Quoiqu'il en soit, cette peur n’est pas forcément irraisonnée… toute nouvelle expérience relationnelle ne sera pas forcément bénéfique, et il n’est pas question de se forcer à apprécier quelqu’un, à le côtoyer. Prenez le temps de « sentir les choses », écoutez vos émotions, elles vous éclairent. Votre psychologue vous aidera à dénouer cela.
Il ne s’agit pas non plus de déterminer si untel a raison ou a tort. Chacun devrait être libre de se définir lui-même… Par contre on peut rendre la relation plus légère, et non moins intéressante, et se dire qu’en observant chez nos proches de nouvelles façons d’être, on aura appris sur soi… et découvrir pourquoi pas, que ce qui nous horripilait est finalement tout à fait supportable, voire bien appréciable dans certaines situations.
Essayons de voir au-delà des apparences : face à ce qui nous questionne, posons-nous la question suivante :
Qu’est-ce qui dans la rencontre avec cet autre, différent, me renvoie à mes manques ?
Et si, ce qui nous énerve chez cet autre, pouvait être introjecté¹ en nous ? Si on voyait ce qui nous rebute chez les autres comme des moyens de nous découvrir, de faire naitre le meilleur dans notre rapport à l’autre ? Même en cas de séparation. Ainsi nombre de ruptures, combien même douloureuses, pourraient se faire sans violence, avec le sentiment d’en sortir avec des clés pour continuer d’avancer, de murir.
Vous trouverez un schéma ci-dessous qui part donc de notre intolérance, d’émotions que nous ne devrions pas rejeter mais accueillir, pour aboutir finalement à la tolérance, à une ouverture d’esprit tout en préservant notre identité, nos repères intellectuels et affectifs et continuer d’étendre nos connaissances.
« L’introjection est le mécanisme psychique fondamental qui nous permet de prendre et de garder dans l’esprit les traces de toutes nos expériences – qu’il s’agisse de nos sentiments, de nos désirs, des événements ou des influences du monde extérieur. […] Comme il n’est pas possible d’accueillir dans l’esprit les choses et les gens, ce sont des symboles qui les représentent, fondés d’abord sur les traces des sensations, des sentiments, des gestes et des premières images. Plus tard, l’introjection deviendra un processus principalement fondé sur le langage verbal – avec les immenses possibilités culturelles qu’il autorise, mais aussi les conflits qu’il fait naître entre le monde des mots et celui du corps, des sentiments et de l’action. » Claude Nachin - À l’aide, y a un secret dans le placard !, p. 48)