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Patricia DELATTRE - Psychologue

Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr

Des outils pour redessiner l'éducation et restaurer un climat paisible en classe et à la maison... N°1 : Le dialogue pédagogique

Des outils pour redessiner l'éducation et restaurer un climat paisible en classe et à la maison... N°1 : Le dialogue pédagogiqueDes outils pour redessiner l'éducation et restaurer un climat paisible en classe et à la maison... N°1 : Le dialogue pédagogique

Suite à une demande de plus en plus présente de parents et d'enseignants, j'ai choisi d'écrire une série d'articles sur les solutions concrètes collectées lors de mes recherches et formations.

Il est question dans cette série d'articles de valoriser et diffuser les outils des enseignants qui ont relevé le défi de transformer l'éducation : en psychothérapie, je retrouve les bénéfices pour l'enfant, les parents, leurs prof, d'avoir mis en place des stratégies d'adaptation, des outils alternatifs dont certains ne sont pas nouveaux, et sont basés sur ce qui se faisait déjà autrefois et qui favorisait l'humain.

Je suis l'heureux témoin du levier de changement qui se produit ici et là pour cultiver l’empathie, la créativité, la coopération, la prise d’initiative ou encore la confiance en soi et l’esprit critique chez les élèves, en parallèle des savoirs fondamentaux.

D'ailleurs je vous invite à vous rendre à la Projection-débat, organisée par Canopé Académie d'Amiens, du film "une idée folle" le 7 juin de 16 h à 19 h, en présence de la réalisatrice, Judith Grumbach. Pour voir la bande-annonce c'est ici : https://youtu.be/cqeKM-SGpZo

 

Aujourd’hui j’ai donc choisi de vous parler du

dialogue pédagogique :

L’enfant qui a entendu, vu, lu, écrit une leçon, un savoir, par l’intermédiaire de l’enseignant, doit reformuler ensuite à quelqu’un pour l’intégrer, le comprendre, donc le retenir. On passe alors du savoir à la connaissance.

C’est ce qui explique pourquoi, en classe, la mise en place d’un tutorat fonctionne si bien : les enfants apprennent mieux quand ils expliquent leur raisonnement à un camarade. Outre le fait qu’on les sensibilise à la collaboration, l’entraide, cela les valorise, renforce leur estime de soi.

A la maison, le soir, le week-end, il est important pour vous parents de passer du temps pour « débriefer » avec vos enfants : « vas-y, raconte-moi comment tu as réfléchi dans ta tête pour faire ce calcul », « cette leçon d’histoire t’aide à comprendre quoi dans la vie d’aujourd’hui ? ». Parce qu’on comprend mieux que lorsqu’on a compris le sens, et parfois l’enfant n’a pas remis dans le contexte et n’arrive pas le lendemain à restituer... "Il avait pourtant réussi à « recracher » sa leçon la veille", s’inquiètent les parents dépités.

En passant de la démarche implicite à explicite, l’enfant adapte son discours, enrichit son vocabulaire : énoncer pour faire comprendre à l’autre en face requiert de se poser, d’avoir de la patience, de persévérer pour se faire comprendre. Dans les bilans psychométriques, je constate que même les hauts potentiels ont une baisse en « vocabulaire », et une plus grande agitation psychomotrice, une moins grande capacité à canaliser leurs émotions. On assiste à un effet entonnoir : le cerveau bouillonne d’idées pertinentes mais l’enfant n’arrive pas à communiquer… il reste seul avec ses interrogations, il n’est pas valorisé pour la contribution qu’il pourrait apporter. Certains enfants se replient sur eux et renoncent alors à leur intelligence, on parle d’inhibition intellectuelle.

L’adulte qui n’a pas été habitué, pour des raisons divers (éducation rigoureuse : « on ne parle pas à table », par exemple, ou qui n’a pas été entendu : « quel impertinent, toujours à se mêler des conversations d’adulte », par exemple) est en souffrance dans ses relations interpersonnelles. On parle de dysphasie, et parfois dysorthographie quand le trouble de la communication touche le langage écrit, c’est-à-dire la motricité.

Parler à l’autre stresse… le stress bloque l’expression (tics nerveux, bruxisme, manque de fluidité du discours, bégaiement)… l’autre en face ne revoit pas une bonne image… le cercle vicieux est en place, chaque occasion sera porteuse d’un nouveau stress, nouvel échec dans l’expression, auto-dévalorisation et pour sortir de la honte, le sujet s’isole de plus en plus, ou bien comme je le vois chez certains enfants/adultes fait le pitre, meuble la conversation par des futilités, voire de l’ironie, adopte un masque social froid, distant ou honorable mais n’est pas authentique.

Donc vous comprendrez l’importance de dialoguer avec vos enfants, et d’instaurer un temps d’écoute équitable pour chacun des membres de la famille. Cela favorise le sentiment d’exister (cf. mon article précédent). Vous pouvez ritualiser ces moments d’écoute : on se pose chaque jour à telle heure, dans tel endroit. On veillera à y prendre plaisir… vous pouvez « faire parler votre enfant » sous forme de jeu de rôle : vous faites l’élève, et lui/elle la maitresse, par exemple. Soyez créatif, prenez du plaisir avec votre enfant, il vous le rendra en étant apaisé/stimulé, en tout cas serein grâce à votre relation vivante.

Vous-même vous vous surprendrez à vous ouvrir aux autres davantage, à renouer avec le plaisir du dialogue pédagogique, celui qui permet d’enrichir une relation en approfondissant ses connaissances. Et si c'était la clef pour cesser de "parler sur les autres", et plutôt "parler des autres", "avec eux" de préférence, dans le but de dénouer ce qui fait obstacle à la construction et surtout de valoriser cette connaissance de l'autre qui m'a fait grandir, et pour laquelle je suis "reconnaissante".

C’est comme ce blog, par exemple : j’écris pour mieux m’imprégner de ce que j’ai appris et vous le restituer en séance, en rapport bien entendu avec ce qui vous questionne. Et vous verbalisez autrement, avec votre connaissance, du coup vous contribuez à enrichir les miennes de manière théorico-pratique : Un intérêt nouveau est déclenché et mon cerveau lance le défi d’aller chercher une nouvelle information par le biais d’un colloque, d’un livre, d’un article scientifique, etc…

Je ne saurai travailler autrement qu’en « co-création » : car il se passe la même chose de votre côté : comme vous avez soif de découvrir une nouvelle pièce de votre puzzle,  d'avancer dans votre cheminement, vous me surprenez à la séance d’après : vous avez eu envie de lire tel livre, ou osé débattre avec un membre de la famille, vous confrontez à votre patron, etc… et avez ainsi approfondi vos connaissances sur vous-même, saisi les enjeux d’une relation, étoffé votre savoir-être… parfois vous aurez engrangé des informations qui seront finalement mises de côté pour finalement trouver leur utilité autrement, plus tard… chacun son rythme, son espace, sa motivation, ses valeurs, ses choix… ce qui nous guide c’est la joie, le plaisir de la rencontre qu’on ne doit pas perdre de vue.

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