Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Patricia DELATTRE - Psychologue

Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr

Journée à l'UPJV à Amiens : Actualité de la recherche sur les enfants et adolescents à haut potentiel : évaluer leurs besoins spécifiques pour mettre en place des dispositifs adéquats

Notes personnelles de cette journée en fichier pdf ci-dessous - synthèse des interventions des enseignants chercheurs et professionnels cités dans cet article

Notes personnelles de cette journée en fichier pdf ci-dessous - synthèse des interventions des enseignants chercheurs et professionnels cités dans cet article

Journée à l'UPJV à Amiens : Actualité de la recherche sur les enfants et adolescents à haut potentiel : évaluer leurs besoins spécifiques pour mettre en place des dispositifs adéquats

Quelle chouette journée à l'Université de Picardie Jules Verne ce mercredi 17 janvier...  De nouveau sur les bancs de la fac où j'ai validé mes études de psycho ; j'y suis retournée dans le cadre de l'actualité de la recherche et des dispositifs pédagogiques en ce qui concerne les enfants à haut potentiel.

Heureuse de revoir certains de mes profs, enseignants chercheurs, et d'autres intervenants français mais aussi belge, suisse, québécois citer les évolutions positives pour les enfants HP, pour leurs parents. Heureuse pour nous psychologues, enseignants de valider et enrichir nos pratiques éducatives mais aussi thérapeutiques dans le domaine psychoaffectif... Et avec un bon esprit de collaboration https://static.xx.fbcdn.net/images/emoji.php/v9/f71/1/16/1f339.png

C'était une bien belle journée que j’ai souhaité partager avec vous dans ce billet https://static.xx.fbcdn.net/images/emoji.php/v9/f57/1/16/1f609.png

 

« La science c’est du bricolage, on essaye de comprendre pour aider, agir pour avancer. C’est ce qui nous unit. » Cette citation du Pr Poucet, Directeur du CAREF conclut bien cette journée sous le signe du progrès pour les haut potentiel mais aussi l’éducation, la santé et le développement de notre société par extension.

Vous trouverez des éléments concrets, dans le schéma synthétique ci-joint : s’intéresser au haut potentiel n’est pas une lubie. Des solutions existent pour accompagner ces enfants aux besoins particuliers. Ça peut sembler utopique, comme l’ont précisé le Dr de Broca (neuropédiatre et docteur en philosophie au CHU d’Amiens) et le Dr Salzeman (membre de la commission ministérielle EIP). J’aime particulièrement leur vision humaniste, « basse », se mettre à la portée de l’enfant avec le moins d’a priori possible, et avec une façon d’être contenante, une présence, un investissement émotionnel « suffisamment bon et mauvais », oserai-je dire, sincère en tout cas, et bienveillante, avec une posture philosophique, qu’elle soit socratique ou vienne d’autre culture comme la mythologie amérindienne.

J’ai toujours pensé que les enfants « atypiques», nous faisaient grandir… on développe des astuces pour entrer en relation thérapeutique, on change sa façon d’être sur le plan personnel aussi. A condition d’être dans une relation authentique, de les écouter vraiment, eux, leurs parents, et tous les professionnels qui font partie de leur quotidien. Si on persévère à trouver avec eux des solutions pour avancer,  ils nous enseignent l’humilité, parfois malgré eux, car certains sont en effet de vrais « poils à gratter », comme l’a dit avec humour cette enseignante « ressource » de l’équipe de Philippe Coche, psychologue scolaire.

Je ne vais pas vous lister toutes les réponses concrètes citées lors de cette journée. Cela n’aurait pas d’intérêt. Car vous l’aurez compris, chaque situation est complexe, et doit être étudiée patiemment. Les ajustements seront alors proposés conjointement, après avoir fait converger différents angles de vues, donc dans une démarche holistique J

Ce qu'on retiendra :

Pourquoi évaluer ? : pour identifier et non diagnostiquer ! ce n’est pas une pathologie ni même une fierté en soi que d’être haut potentiel. C'est mettre en évidence des besoins spécifiques en rapport avec les forces et faiblesses.

Le bilan psychologique permet de relancer la dynamique psychoaffective, l’écouter et le soutenir dans son questionnement renforce l’estime de soi. Parler de son ressenti réduit l’anxiété et la dépression, et les troubles du comportement. L’hyperactivité, par exemple, est bien souvent liée au contexte de vie (approche intégrée bio-psycho-environnementale).

Résultats au WISC V : on ne se focalise pas sur un chiffre de QITotal > 125 d’autant qu’on retrouve très souvent une hétérogénéité entre les Indices : Compréhension Verbale élevée, bon contrôle mental, mais Vitesse de Traitement et Mémoire de Travail  souvent déficitaires en cas de troubles des apprentissages. Toutefois, les études montrent que la mémoire de travail augmente (par compensation / stratégies d’adaptation/ remédiation/sécurité affective) entre 8 ans et l’âge adulte. Ce qui est  rassurant et montre l’intérêt d’un dépistage précoce :-)

 

- L'enfant HPI à se développe plus vite mais en fonction de la motivation et de l’intérêt dans certains domaines. Il est sensible à l’ennui, au découragement, à la critique, aux bruits, etc… et d’autres non pas ces caractéristiques. Si certains ont un profil plutôt harmonieux, d’autres peuvent avoir des aptitudes exceptionnelles mais une intelligence globale moins performante.

- le HPI n’est pas prédictif de réussite : la performance n’est pas innée, elle est dépendante des conditions personnelles (personnalité, processus d’identification, potentiel créatif ou non, trouble « dys » associés, traits autistiques ou non, compétences autres qu’intellectuelle : musicale, kinesthésique, interpersonnelle, logico-mathématiques, etc) et des conditions environnementales (contexte de vie familiale, social, culturelle, éducatif, favorable au développement ou qui entraîne des carences, etc)

Donc attention à la norme, à la culture, à l’histoire de la famille ! Ce qui peut paraitre anormal est la norme ailleurs dans d’autres pays. Et inversement. Notre société est en pleine mutation, les parents ne peuvent plus s’appuyer sur les pratiques éducatives d’autrefois (apport des neurosciences, accompagnement spirituel, philosophique nécessaire…) pour éviter de tomber dans le laisser-faire qui produit des enfants anxieux, intolérants à la frustration, agités, voire tyranniques). Les études  récentes en santé mentale montre qu’il n’y a pas plus de hauts potentiels intellectuels anxieux et déprimés que pour les reste de la population. On peut être adulte à haut potentiel est être heureux !

 

Les mesures pratiques :

La loi d’inclusion de 2005 a changé le paradigme. Il est désormais entendu que les professionnel, particulièrement  les professeurs d’école, doivent être formés, accompagnés dans leurs pratiques,  pour mieux soutenir la construction identitaire des enfants/ado HPI :

- le saut de classe n’est pas systématique, et est parfois source de conflit entre les parents et l’école. Il est rappelé que l’école a comme responsabilité de former aussi des futurs citoyens et pas seulement à être performant sur le plan scolaire.

- nomination d’une personne ressource dans l’établissement scolaire pour faire une médiation et proposer un dispositif pédagogique concerté, un accompagnement personnalisé (PPRE) pour coordonner les actions des uns et des autres :

                        * agir dans un climat serein et de valorisation : se rencontrer, discuter, écouter, comprendre les blocages, cibler les priorités, les leviers de changement. S’appuyer sur le QADAPS (Questionnaire d’Aide à la Décision d’Ajustement du Parcours scolaire) pour formaliser les décisions et s’assurer de leur cohérence.

                        * respecter un cahier des charges (s’appuyer sur les points forts et donner du sens à ce qui est mis en place, encourager, féliciter, laisser libre cours à la pensée divergente, se donner du temps en s’organisant en semestre plutôt qu’en trimestre pour ne pas stresser tout le monde).

* proposer des activités en groupe le midi, ou par décloisonnement en s’appuyant sur le sensoriel : ateliers théâtre, philosophie, magie, graphothérapie, par exemple, en fonctions des besoins de l’enfant, pour être plus à l’aise dans l’expression verbale, manuelle, mais aussi pour libérer la créativité. Les effets de l’improvisation permettent un lâcher-prise, de réduire les idées anxieuses parasites du perfectionnisme toxique. Les liens d’amitié fournissent un miroir et un étayage, une plus  grande confiance en soi.

La prise en charge des enfants HPI serait donc un moteur pour l’école inclusive de demain ?

 

La pensée divergente : le haut potentiel avec sa vision élargie, en 3D dérange… Il a alors le choix entre subir la relation, la contenir/contrôler ou agir pour s’adapter, avec des conséquences positives ou fâcheuses pour lui et/ou son entourage. Ce n’est pas une fatalité. Il faut prendre le groupe en charge.

Il est donc nécessaire de se garder d’étiqueter trop vite un haut potentiel de rêveur, idéaliste, pessimiste, survolté, de génie ou de fou, etc… l’intensité de ses réactions est induite en partie par les nombreux liens, associations d’idées qui peuvent déboucher sur de nouveaux concepts. L’ingéniosité et l’audace servent la personnalité, et si elle est éveillée à la spiritualité et au sens l’éthique, c’est cela la créativité. Pour se développer en gardant l’humain au cœur des décisions, notre société a besoin de leurs potentiels.

Nous sommes maintenant nombreux à montrer que cela fonctionne au quotidien ici et là, en Picardie, dans les Haut de France, comme l’ont évoqué les chercheurs CRCP-CPO dirigé Béatrice Bourdin, mais aussi à Toulouse avec Sylvie Tordjman (Pédopsychiatre), en Belgique avec Jacques Grégoire, au Québec avec Line Masse, etc...

Le schéma ci-joint cite des mesures pratiques à mettre en place. Il décrit brièvement les particularités cognitives, psychoaffectives, environnementales avec ouverture sur d’autres projets de recherche. En biologie et en psychologie clinique, cognitive, systémique et phénoménologique, par exemples ? Je serai très intéressée de saisir s’il y a véritablement un lien entre le haut potentiel intellectuel et troubles du sommeil, maladies auto-inflammatoires et autres dérèglements hormonaux que je retrouve assez souvent chez les haut potentiel en souffrance. Je retrouve dans le discours, l’histoire des adultes à haut potentiel, une question existentielle au cœur de leurs préoccupations, la recherche d’un changement pour une meilleure qualité de vie, parfois obsessionnelle, un besoin de revenir à l’essentiel, qui menace leur équilibre, celui de leur famille, ou dans leur entreprise. Les accompagner dans leur changement de paradigme est une aventure aussi pour le thérapeute ! Bien souvent ces « adultes-là » m’amènent à travailler conjointement avec d’autres professionnels pour donner de la cohérence à leur projet de vie, tout comme l’on décrit les enseignants lors de cette journée avec le fameux PPRE, projet personnalisé d’actions coordonnées de réussite éducative.

Après accompagnement psychothérapique, écoute, ajustements dans divers domaines de la sphère professionnelles mais aussi privée, relationnelles, culturelles, corporelles, je constate que leur réussite est personnelle et comporte des bénéfices secondaires pour leurs proches.

Pouvons-nous dire alors que renouer avec ses désirs, à l’âge adulte, permet à l’enfant à potentiel intellectuel qu’il était, de vivre une vie plus agréable ? Une vie qui résonne avec des valeurs mises en suspens autrefois, pour s’adapter constamment à une société en mouvance, en quête identitaire, dont les contours sont flous, pour s’adapter parfois à un milieu qui perd les pédales, s’adapter à des individus animés par des enjeux de pouvoir ? Il est peut-être temps pour eux (et pour nous tous ?), de se laisser guider un peu plus par son intelligence intuitive, et ce qu’il y a de sacré en chacun de nous, non ? de savoir prendre son temps, suivre son rythme. Etre courageux, oui, avoir le goût de l'effort et du travail bien fait, OK, mais le mal qui nous menace aujourd'hui n'est-il pas un rapport dysfonctionnel à la temporalité. A trop vivre dans l'immédiateté nous perdons petit à petit les bénéfices sur la durée... N'est-ce pas ce que nous suggèrent les enfants, adolescents et adultes ayant des traits autistiques ? Rallentir ? Ne pas répondre à toutes les sollicitations, faire des choix en pleine conscience pour s'accomplir et diffuser un peu de cette lumière autour de soi ? Affaire à suivre ! ;-)

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :