Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
18 Mars 2018
C’est dans notre nature de célébrer… Pâques, Ostara ou le renouveau du printemps…
Au-delà de nos différences, divergences d’opinion culturelle, spirituelle, ce qui est universel, intemporel, c’est l’art de sacraliser notre quotidien. Le printemps arrive… après l’hiver froid et dur, dans quelques jours le renouveau sera célébré, sans bruit dans certaines familles, ou l’occasion dans d’autres de profiter d’une bonne table avec gigot et foie gras.
Peu importe comment nous accueillerons Dame Nature à son réveil, elle sortira de son sommeil quand même ! D’ailleurs, ce rituel ancestral revient en force : c’est le principe du refoulement, essayez d’oublier quelque chose de pourtant ancré en vous, et il resurgit de plus belle. Alors autant s’approprier cette période de changement pour en faire un repère chaleureux, réconfortant, dans un monde trop changeant et trop souvent privé de sens.
Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui : à Pâques, que nous soyons chrétien ou pas, nous mangeons des poules, œufs et lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Eostre en tant que symbole de fertilité). Le mot Easter qui signifie pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse Ostara.
Le rituel de fête du printemps n’est pas forcément chanté, dansé. Loin du cliché de la sorcière en transe qui danse nue dans la rosée du matin (sic J), les femmes actuelles, et aussi les hommes proche de leur Nature, ceux et celles qui respectent cette tradition, sont davantage dans une soigneuse répétition, année après année, d’un rituel destiné à tempérer les émotions, joyeuses ou négatives, de leur clan, et renforcer les liens amicaux et familiaux. Pour ce faire, il est nécessaire de programmer et vivre ces « rendez-vous » avec authenticité, c’est-à-dire de se réunir avec l’intention de prendre du plaisir avec simplicité et d’accueillir l’autre, parent, enfant, ami tel qu’il est ce jour-là.
Cependant, comme certains m'en font part en séance, on ne peut pas se forcer à faire la fête. Or les moments de rassemblement peuvent être particulièrement tendus pour certains car ils ne reflètent pas la réalité au quotidien, notamment quand celle ou celui qui réunissait la tribu n’est plus là... Les relations ne doivent pas se vivre uniquement au moment des fêtes. L’éloignement, les non-dits, mais aussi les pertes affectives, sont douloureuses et génèrent des attitudes défensives, postures de rejet, ou remarques ironiques blessantes… Alors, avant de fêter dans la joie, il est intéressant de procéder à un débriefing, seul face avec soi-même, ou accompagné par un psychologue, l’histoire d’être au clair avec soi-même avant de s’ouvrir aux autres et pouvoir profiter au mieux de ce moment de partage avec ses proches.
Les familles recomposées ont du mal lors de ces rituels, entre obligation familiale et fidélité à soi-même, l’ambivalence des sentiments pèse parfois terriblement. Et lorsque les langues se délient, après avoir contenu une parole trop longtemps contenue ou déniée, la dynamique familiale prend une autre tournure… Respecter une tradition n’est pas facile, la rupture peut être provoquée maladroitement par ses membres, quand les contours de la famille ne peuvent pas être librement renégociés.
Donc, que vous attendiez cette fête ou la redoutiez, le printemps sera tout de même là ! Si la magie du printemps est nécessaire au développement affectif de l’enfant, ces derniers apprendront plus de vos actes que de vos paroles. D’ailleurs, les enfants à haut potentiel, hypersensibles, ressentent avec plus d’intensité les faux-semblants... Alors surtout vivez Pâques, Ostara, le renouveau, comme bon vous semble ! La qualité de votre vécu sera un modèle qu’ils voudront suivre une fois adulte. Quelque soit votre situation, organisez-vous avec ceux qui sont à vos côtés, pour faire de cette période de fête d’Ostara un moment simple, vrai et joyeux !
Pour aller plus loin :
- Denis Jeffrey, Éloge des rituels, Presses de l’Université Laval, 2003
- Badin-Legros, Gauthier, Les grands-parents dans la dynamique familiale. Parenté-transmission-mémoire, actes du colloque de Liège, 1990, p. 141-154
- Odile Chabrillac, Âme de sorcière ou la magie au féminin, Broché, Solar, 2017