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Patricia DELATTRE - Psychologue

Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr

Un été pour renouer avec son féminin sacré ou masculin divin et sourire à la vie

Montage de photos issues de Pinterest

Montage de photos issues de Pinterest

Il y a des personnes qui vous font sentir plus proche de votre vraie nature, merci à ceux et celles qui y ont contribué, merci aussi à mes patient(e)s qui me confient leur intimité, ces personnes que j’aide à cheminer et avec lesquel(le)s je progresse inexorablement dans ma vie de femme.

C’est donc par le biais de ces rencontres, de leurs récits de vie, je vais vous parler aujourd’hui de sexualité dans le couple… Rrrroooo non elle n’a pas osé ?! Vous dites-vous… Si si, allez, courage ;-)

C’est plus précisément de sensualité que je vais vous parler. Ah bah voilà, ppfff, elle se dégonfle… Trêve de plaisanterie, le sujet est bien sérieux, il concerne tellement de couples, d’individus pourtant si différents mais vous avez bien tous la même difficulté à aborder ce sujet : quand vient le moment où l’on se sent assez à l’aise avec son thérapeute pour lui parler de ses frustrations… alors on tombe le masque sur un aspect du quotidien : le manque de satisfaction sur le plan sexuel et/ou sensuel… et pourtant comme le chantait Michel Berger « y a pas de honte à aimer ça, non, non, non »…

Après avoir évoqué l’éducation sensuelle des adolescents (http://patricia.delattre-psychologue.over-blog.fr/2018/06/education-sensuelle.html), voyons un peu ce qu’il en est chez les adultes…

La sensualité insatisfaite est un problème qu’on se cache, banalise...

Pourtant prendre plaisir à prendre soin de soi est un acte loin d’être égoïste, s’il contribue à nous détendre. La qualité de nos relations, notre disponibilité d’écoute, la façon de communiquer est considérablement meilleure lorsque le corps est détendu, repu, satisfait d’avoir été entretenu, considéré, respecté, alimenté, parfumé, réconforté, papouillé, dorloté… Un corps qui découvre des sensations est un corps qui apprend de nouvelles façon de bouger, et nourrit l’estime de soi, la confiance en soi, la motivation pour entreprendre des activités, et donne envie de s’ouvrir aux autres. (Extrait de mon article renouer avec sa sensorialité)

L’insatisfaction sensuelle, vous l’abordez timidement en séance, pour l’annuler ensuite, vous en éloignez plus ou moins consciemment en le contournant par divers stratagèmes, en déplaçant la plainte sur les difficultés au travail, le temps et l’énergie à consacrer aux enfants… jusqu’au jour où vous acceptez de lâcher le morceau, enfin… Bah oui, en fait vous souffrez bien plus que vous ne le pensez de ne plus avoir de plaisir sensuel, de ne plus toucher votre entourage, au propre comme au figuré, ne plus être touché(e), de ne plus ressentir le plaisir de se sentir vivant, d’être emporté(e) un instant par un regard, une caresse, une étreinte. Cette approche humaine aujourd’hui secondaire, dont on peut tout à fait sublimer le désir par d’autres activités (artistiques, altruistes, etc.) avait pourtant autrefois une plus grande importance… Cela prend maintenant l’apparence d’un émoussement affectif, d'un blocage, d’un refus quasi automatique, vous êtes siiii fatigué(e)… et puis vous banalisez : « à mon âge, c’est normal », et puis non, c’est décidément pas ça le problème, puisque vous êtes « passé à autre chose »… Finalement, vous reconnaissez avoir effectué des compromis désagréables, qui vous laissent l’impression de subir, et vous ne savez comment rompre le cercle vicieux, nourrit par la colère de n’avoir pu être à la hauteur (monsieur), culpabilité de faire souffrir son partenaire (madame), surengagement dans les tâches ménagères (madame encore, bien qu’elle enrage de « devoir tout faire »), repli dans la pornographie (monsieur), fuite dans le travail et/ou l’alcool (là il me semble que vous êtes à égalité, sous réserve, car je ne tiens pas de statistiques), etc, etc, etc…

STOP ! Comment on arrange tout ça ? Vous cherchez des jours et des nuits… vous pensez même quitter votre travail, ou bien votre partenaire, puis vous laissez couler le problème espérant inconsciemment que l’autre décide de tout plaquer, la bonne aubaine, vous aurez retrouvé votre liberté… vous croyez que la solution est ailleurs.

Pourtant après que la guerre des roses ait cessée, vous vous sentez seul(e) avec cette frustration qui continue de vous tenailler. Parfois vous recommencez quelques années plus tard à vous poser les mêmes questions avec votre nouvelle et douce moitié… Alors vient le jour où vous comprenez que la clé est là… c’est vous et le Féminin sacré… ou le masculin divin pour vous messieurs.

Késako ? Encore un truc de psy de nouvelle génération ? Issue du mouvement hippie ? Non, m’ssieurs dames, c’est vieux comme le monde, et universel.

Les femmes occidentales se plaignent du manque de sensualité, sensibilité de leur partenaire. Celui-ci se plaint de ne pas comprendre de quoi se plaint sa femme, puisque c’est si simple pour lui : ça marche = performance / ça marche pas = échec.

Justement, c’est bien là le nœud de la mésentente, de la frustration. Ce n’est pas simple, c’est complexe et comme vous n’aimez pas pensez à plusieurs choses en même temps, vous trouvez cela compliqué.

La part de « sacré/divin » tapie en chacun de nous est donc une chose encore bien tabou pour nous occidentaux, car enveloppée d’une aura mystérieuse... Pourtant les femmes mais aussi les hommes cherchent à (re)trouver cette dimension initiatrice. Que l’on soit hétéro, homosexuel ou lesbienne, en couple ou célibataire, âgé ou jeune, quelque soit notre culture, nos croyances, notre éducation, n’y a-t-il pas naturellement en chacun de nous une polarité « sacrée », une façon d’être et de faire qui oriente nos comportements et ceux des autres à notre égard, comme ce fameux bon sens, guide de conduite, qu’on retrouve dans les rituels ?

Initier est en vogue dans le monde de l’éducation. Nombreux professeurs sont en train de créer l’école de demain. Ils donnent un sens au contenu de leurs cours, et osent « se mouiller » pour aller au-delà d’un rapport vertical, tenant compte de la dimension affective et humaine. Ces professeurs sont investis, engagés et mériteraient plus d’égard de leurs collègues. Ce sont des hommes et des femmes qui sont assez à l’aise avec leur féminin sacré/masculin divin pour porter des projets plus grands qu’eux, mains dans la main avec les élèves, avec une ouverture au monde et un investissement concret dans des associations locales.

Hélas, quand on parle d’initiation, les hommes pensent plutôt à Emmanuelle… soit la Sœur dévouée à son culte religieux, soit l’actrice de films érotiques, pleine de dévotion aussi, dans un tout autre registre…

Alors parlons tout de suite de ce qui vous fait rire dans mon billet d’humeur, sinon vous ne serez pas concentrés pour la suite de ma bafouille : non, il ne va pas être question ici du mythe de la maitresse-femme, au fort caractère et avide de pouvoir, ni même de celui de la mante religieuse, ou de la sirène manipulatrice qui vous embobine. C’est ainsi, les représentations autour du féminin sacré sont teintées de fantasmes de persécution ou de castration et amènent à voir la femme avec des sentiments extrêmes, tantôt adulée, tantôt dénigrée, une image qui ne tient pas dans le temps… Je retrouve cette dualité dans bien des scénarios de vie et anecdotes de la vie ordinaire de nombreux couple…

Alors je vous conseille de lire Catherine Delorme, psychothérapeute et professeur de yoga,  ou Lionel Raufast, De la sensualité de confortation à la sensualité de confrontation, et visionner cette touchante interview de Jane Fonda, militante engagée pour la cause des femmes et pour la paix. Cette actrice, femme magnifique de 80 ans, a découvert « le vrai féminisme » sur le tard, dit-elle, quand elle s’est rendue compte qu’elle devait oser être au cœur du processus, qu’il s’agisse du monde cinématographique, ou dans son couple.

Ce pouvoir n’est pas celui de la femme sur l’homme, ce n’est pas un renversement de pouvoir, mais un combat sur soi-même. Le pouvoir de transcender, de s'élever au-dessus de ce qui blesse notre ego, pour ne plus être dans un affrontement d'une vérité et se confronter à son partenaire de vie et à ses enfants... C'est possible, dans le respect, et la joie ! Bon parfois, il vous sera nécessaire d'aller confier votre impatience à ne pas être entendu tout de suite... L'amitié sert à cela... D’ailleurs, il en est de même pour l’homme, il peut lui aussi oser se dire et raconter ses manques mais chacun doit le faire avec honnêteté, et volonté de co-construire, d’une manière active, sans résignation ni amertume.

Messieurs, il ne suffit pas d’attendre la femme "sacrée", celle qui saura prendre efficacement et avec douceur les choses… Vous devez lui renvoyer ce qu’elle diffuse jusqu’à vous… lui montrer que vous êtes réceptif à sa sensibilité, à ses croyances. La femme actuelle, celle que je reçois en consultation, est triste de se sentir seule avec ce qu’elle a compris des rapports humains… elle ne  veut pas que vous l’adoriez, la flattiez, encore moins que vous la jalousiez… Elle ne veut pas vous éduquer, elle veut juste partager ses connaissances, et vous montrer le chemin… Alors au lieu de vous enorgueillir auprès de vos copains, parents, collègues, d’avoir une femme savante, au lieu de vous plaindre à ces mêmes personnes de ses exigences, de son perfectionnisme, osez l’imitation… Les femmes ont bien imité votre sens de la compétition, imité votre combativité pour occuper des postes jusqu’alors réservés au masculin… Elles ne veulent pas faire marche arrière mais tomber le masque, renouer avec leur sensorialité et aimeraient que vous en fassiez autant. Oserez-vous relever ce défi, attention, cela va vous demander de vous organiser pour planifier une activité en pensant à plusieurs choses en même temps (avec esprit mais aussi avec votre cœur, et votre corps) et vous n’êtes pas toujours très très fort pour ça, allez… avouez ;-)

Un couple n’a pas besoin de compromis, il a besoin d’une relation vivante. Confrontez-vous l’un à l’autre, affirmez votre ressenti, votre point de vue, vos projets, vos craintes, vos espoirs… et surtout... ne parlez pas trop… agissez davantage en arborant fièrement vos couleurs, vous êtes unique.

Lancez-vous : cet été, on arrête de râler, de reporter la faute sur l’autre… Je vous souhaite de profiter de ce bel été pour vous initier dans l’action avec authenticité. C’est en s’appropriant les tâches du quotidien, en vous faisant plaisir, en proposant des activités qui aient du sens pour vous et vos proches, et en prenant le temps de les faire, que vous rallumerez votre feu sacré, et vous préparerez à passer le flambeau à vos enfants.

 

Pour aller plus loin :

 

- Haroche Claudine, L’avenir du sensible. Les sens et les sentiments en question, Paris, puf, 2007

- Clarissa Pinkola Estés, Femmes qui courent avec les loups, Le livre de poche, 2001

- Saverio Tomasella, Hypersensibles, trop sensibles pour être heureux ? Eyrolles, 2013

- Lekeuche Philippe, Création, sublimation, idéalisationCahiers de psychologie clinique 1/2011 (n° 36), p. 19-33

- Jean Claude Christian, Les ombres de l'angoisse, Bruxelles, De Boeck Supérieur, Oxalis, 2005

- Lionel Raufast, De la sensualité de confortation à la sensualité de confrontation, Oxymoron

- Christophe André, le pouvoir attracteur de la pleine conscience, in psychoactif, blog sur le net

- Jacques Salomé, Sylvie Galland, Si je m’écoutais… je m’entendrais, Poche, 2012

- Dossier CNRS, Le Système sensoriel :http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doscel/decouv/xtxt/zvie/nervNiv2_1.htm

- Marie léger, mémoire, L’éducation sensorielle, comment exploiter les sens à l’école ? 2003 https://www2.espe.u-bourgogne.fr/doc/memoire/mem2003/03_0160277P

- Catherine Delorme, la femme initiatrice dans la relation amoureuse - Broché – 15 février 2013

- Alon Gratch, Si les hommes pouvaient parler... Les sept clés de la psychologie masculine - Poche – 9 mars 2004

Interview de Jane Fonda https://www.facebook.com/brutofficiel/videos/188973118397707/

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