Psychologue clinicienne pour enfants, adolescents et adultes - Cabinet : 18 rue Creton 80000 AMIENS - Tél. : 06.34.23.89.18 - Mail : patricia.delattre@yahoo.fr
29 Août 2018
C’est la rentrée. L’été m’a permis de digérer les nouvelles connaissances issues du Congrès sur la Douleur en Santé mentale, qui s'est tenu à Paris, en juin dernier. Ce premier billet pour évoquer les particularités neurosensorielles, et leurs conséquences dans la vie quotidienne pouvant aller du handicap à l’hypercompétence. Je reviendrai sur le reste de la formation ultérieurement.
Je remercie tout d’abord le Dr Saravane, médiateur du congrès, pour avoir toujours remis la personne au cœur du débat pendant ces deux journées de formation. Parfois les travaux parlaient de techniques, de soins, de traitements, de « prise en charge lourde », de douleur, d’impuissance des soignants, de suicide… mais il a aussi été question de travail en réseau, d’engagement à faire reconnaître l’invisible, c’est-à-dire éclairer les consciences pour débusquer la souffrance parfois masquée, et permettre une meilleure qualité de vie.
Je ne m’étendrai donc pas sur le parcours de soins, que vous soyez patient ou professionnel de santé, on a tous en tête une anecdote personnelle ou bien celle d’un proche, pour relater des dysfonctionnements, et même l’interdisciplinarité n’est pas chose facile. Mais ce n’est pas le sujet ici. Il est plutôt question ici de nourrir notre optimisme en montrant comment on peut être efficace dans notre prise en charge individuelle, ce qui aura forcément des répercussions sur nous tous, vous savez… l’effet papillon...
Concrètement, en consultation, il est d’abord nécessaire de se soucier :
- des « bonnes pratiques » (l’HAS était représentée et j’ai été bien agréablement surprise par les interventions des Chefs de mission Handicap), voir ci-dessous le fichier joint : QUALITÉ DE VIE : HANDICAP, LES PROBLÈMES SOMATIQUES ET LES PHÉNOMÈNES DOULOUREUX.
- des croyances du patient et de sa famille. A été évoqué l’épigénétisme (j’en suis heureuse), avec l’indispensable prise en charge de l’environnement du patient (proposer une thérapie de couple, familiale, et aussi s’intéresser à la souffrance au travail, à la sphère relationnelle, les loisirs, l’hygiène de vie, etc.).
Merci aux intervenants qui ont donc évoqué l’intérêt d’une prise en charge globale, donc multimodale, systémique. Merci pour leurs apports de qualité, avec un coup de cœur pour le Dr Patricia CAILLIEZ du Chu Bicêtre, et le Dr Lola FORGEOT qui mettent l’accent sur la légitimité de la plainte du patient et nous invitent à offrir aux enfants le droit à l’incertitude dans un monde trop perfectionniste. J’y reviendrai avec d’autres billets ;-)
Je vous laisse avec cette présentation schématisée du fonctionnement neurosensoriel atypique. Pour cela, laissez-moi vous emmener en Inde, le pays de la médecine ayurvédique (Ayurveda signifie "connaissance de la vie" en sanskrit)… Imaginez-vous au printemps à la célébration de la Holi…. Vous connaissez ? C’est une fête joyeuse qui, depuis l’antiquité, réunit toutes les castes pour le sacre du printemps et la célébration de la fertilité.
Si on s’accorde sur le fait que nous sommes tous égaux en droit, dans la réalité nous avons des couleurs différentes. Nous sommes comme à la fin de ces Color run : ces courses à pied dans l’air du temps sont le prétexte d’un moment de partage ludique avec une projection de farine de maïs colorée, sur des vêtements blancs. Les participants arrivent identiques, en blancs, et finissent différents, teintés d’un camaïeu de couleurs variées mais unis dans la joie.
Ces joyeuses rencontres fraternelles, c’est ce qui fait notre charme. D’ailleurs les enfants qui aiment le partage, dessinent souvent des arcs-en-ciel. Dans la holi, les pigments ont une signification bien précise : le vert pour l'harmonie, l'orange pour l'optimisme, le bleu pour la vitalité et le rouge pour la joie et l'amour (merci Wikipedia).
Et bien pour les personnes avec un fonctionnement neurosensoriel atypique, il en est de même. Elles restent uniques ! Il existe une multitude de particularités. En aidant la personne à adopter des stratégies efficaces pour contourner ses difficultés, en tenant compte de ses ressources personnelles, de son tempérament, on l’aide à ne pas être en situation de handicap. Au mieux, les « atypies » peuvent être reconnues comme un atout pour les entreprises adaptées, par exemples.
Et vous ? Quelles sont vos couleurs ? Nous avons tous du génie et un petit grain de folie qui nous fait voir la vie de manière unique. Alors, rassemblons nos doutes et nos forces, aidons-nous, prenons soin des uns et des autres sans jugement, mobilisons nos compétences pour mieux vivre aujourd’hui et construire le monde de demain :-)